Portrait de Réjean Peytavin

Réjean Peytavin multiplie les conquêtes. Il s’agit d’envisager de quoi elles sont la victoire. Chaque nouvelle série est un territoire à remporter, au sein d’une immensité de compétences à acquérir. Avec la céramique de façon générale, toute cuisson est un challenge. Défourner relève, c’est selon, de l’ultime satisfaction, du contentement, du simple soulagement, de la convenance, de la déception partielle ou de la mortification. Il peut exister ici différents paliers entre gagner et perdre. Une pièce sortant entière de l’antre, est déjà un triomphe.

Réjean Peytavin décline les configurations. Il s’amuse à fatiguer les combinaisons, non pas par divertissement mais bien pour tester le bien-fondé des équilibres. Sa science est expérimentale et de bouture en greffe, tout doit
être essayé sans vraiment chercher de formule. Une fantaisie plastique surgit alors, à partir de collages déraisonnables qui finissent par tenir. La quantité naît d’un appétit d’apprivoisement des techniques. Et leur domination doit se voir. La fierté devient ornement. Et en bon sportif, elle se brandit.

Réjean Peytavin diversifie les compétitions. Qu’il foule Limoges ou Jingdezhen, c’est en winner qu’il revient. Et ses pièces en témoignent, vigueur dans les ruines. Veni, vidi, vici. Le trophée est traditionnellement la dépouille d’un
ennemi. Il atteste d’un succès en en fournissant les marques tangibles. La porcelaine toujours contrainte, offre par sa mise en forme la preuve de sa soumission. Tout artisan du feu sait pourtant qu’il ne travaille pas contre lui, mais avec. Les flammes ne sont pas concurrentes. Au contraire, elles arbitrent et décideront l’issue du jeu, relativisant la fameuse formule romaine.

Publié dans le catalogue de l’ENSA Limoges dans le cadre du post-diplôme Kaolin

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