Nadia Agnolet

Nadia Agnolet chérit les perles irrégulières. La légende veut que ces anomalies firent naître le terme baroque, par raillerie au sein de la guilde de joailliers. Impropres au façonnage de l’harmonie classique, la ressource marginale était alors reléguée au domaine de la bizarrerie, du monstre. Le goût de la Renaissance désigna ainsi ce qui dépassait trop. La disgrâce bruyante se pavane alors d’églises romaines en châteaux bavarois. Ses détracteurs lui reprochent ce qu’adulent ses admirateurs. Le factice en fait son originalité. Pour des siècles et des siècles, toute extravagance relèvera de ce registre.

Queer

Nadia Agnolet chatouille la bienséance. Elle glisse d’une catégorie à l’autre. La souplesse initiale de l’argile lui permet d’exprimer l’allure protéiforme de ses entités. Dans la façon de monter une motte, il y a cette permanence du mouvement. Cela tient à peu de chose. Tout peut s’écrouler. Ce n’est pas droit. De tout temps, les minorités exclues parviennent à transformer l’insulte en fierté. Notre synonyme contemporain du rococo est devenu un label d’autodétermination. L’artiste fait de l’étrange ou du mal fichu, son genre. Ses tronches se hissent hors de la conformité pour s’essayer, grotesques, à définir leur propre idéal.

Cuire

Si la température fige la forme en une rocaille définitive, ce sont les fards qui prennent le relais en matière de fluidité. La couleur glisse indépendamment de tout contour, sur une faïence excessivement chamottée. Libre, elle peut s’échapper, se laisser percer par la rugosité minérale ou se liquéfier pour en glacer les aspérités. Un jus se répand sur des concrétions effervescentes. Raffinement et grossièreté se confondent pour engendrer des ornements par fusion. Les épaisseurs assurent un rendu gratiné. Nous passons de l’informe à la croûte.

Cuir

Nadia Agnolet traite les surfaces en laborantine du tannage. Des opérations alchimiques s’occupent des peaux par strates. Alors comme pour l’œuvre Pelade, elle rate une première couche d’engobe, qui s’effritait, pour mieux poser ensuite un émail métallique afin d’obtenir un résultat finalement mat, impossible à atteindre autrement qu’en réussissant ces déconfitures successives. Il faut oser de petites aventures dans sa cuisine picturale. Et ses sculptures s’envisagent souvent par plan. Des peintures sur soie alimentent également ce travail de la superficie, rejouant toujours les réjouissances du paravent, à faire écran.

→ Commandé par l’artiste pour son catalogue monographique publié pour l’exposition « Lauréates 2019 Novembre à Vitry » à La Galerie municipale Jean-Collet (Vitry-sur-Seine)

↑ Nadia Agnolet, Pelade, 19 cm de haut, céramique émaillé, 2017-19

Aux foyers

Une exposition-vente de céramique utilitaire avec Victor Alarçon, Sylvie Auvray, Héloïse Bariol, Bernard | Nadia Agnolet & Vanessa Dziuba, Pauline Bonnet, Léa Brodiez, Ève Chabanon, Aguilberte Dalban, Anne Dangar, Jean-Jacques Dubernard, Clément Garcia, Marianne Marić, Nitsa Meletopoulos, Flora Moscovici, Étienne Noël et Octave Rimbert-Rivière
du 19 septembre au 1er novembre 2020
à Moly-Sabata à Sablons

« Aux foyers » conjugue le plaisir simple de se retrouver autour du feu, au soutien matériel de notre communauté. Les artistes invité·e·s à produire, cuire et vendre, perçoivent l’intégralité des recettes de ce format inédit. Notre événement annuel s’articule autour de l’utilisation des trois fours à demeure, allumés selon un calendrier de cuissons publiques. L’initiative réveille les habitudes du village à acheter sa vaisselle à Moly-Sabata du temps d’Anne Dangar (1885-1951), dont le four historique sera remis en service après plus de trois décennies de sommeil. Faisons rayonner nos ressources en les partageant.

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Duetto

Une suite de cinquante-cinq expositions avec Caroline Achaintre, Nadia Agnolet, Cemil Aliyev, Amandine Arcelli, Carlotta Bailly-Borg, Jonathan Baldock, Ranti Bam, Raphaël Barontini, Eva Barto, Gilka Beclu-Geoffray, Jean-Baptiste Bernadet, Hélène Bertin, Mireille Blanc, Océane Bruel, Sebastian Buerkner, Julien Carreyn, Emmanuelle Castellan, Geneviève de Cissey, Matthieu Cossé, Sylvain Couzinet-Jacques, Anne Dangar, Émile Degorce-Dumas, Charlotte Denamur, Jean-Jacques Dubernard, Florent Dubois, Adélaïde Fériot, Diego Guglieri Von Dito, Neil Haas, Hippolyte Hentgen, Evie Hone, Anthony Jacquot-Boeykens, Chloé Jarry, Sophie Lamm, Amélie Lucas-Gary, René Pascal, Émilie Perotto, Nathalie Pouzet, Robert Mallet-Stevens, Colombe Marcasiano, Marianne Marić, Maude Maris, Simon Martin, Étienne Mauroy, Lindsey Mendick, Gabriel Méo, Stéphane Moreaux, Charlotte Moutou, Alexandre Benjamin Navet, Eva Nielsen, Camila Oliveira Fairclough, Guillaume Pinard, Octave Rimbert-Rivière, Juliette Roche, Muriel Rodolosse, Emmanuelle Roule, Éléonore Saintagnan, Lina Scheynius, Varda Schneider, Apolonia Sokol, Maxime Thieffine, Sarah Tritz, Henri Ughetto, Emmanuel Van der Meulen, Pierre Unal-Brunet, Céline Vaché-Olivieri, Benjamin Valenza, Albert Vallet, Marion Verboom, Marine Wallon, Elsa Werth et Rafal Zajko
du 17 mars au 10 mai 2020
en confinement à Sablons

Faire une exposition par jour au moins, est mon engagement depuis le 27 septembre 2004, et il en a été ainsi. Dans le strict respect des mesures de confinement, j’ai décidé de fabriquer cet accrochage quotidien. Le projet se construira au jour le jour en associant deux œuvres choisies dans ma proximité. Et si nous ne pouvons plus pour l’instant entrer en contact, elles le peuvent.

Consulter la documentation intégrale de « Duetto »

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Nadia Agnolet

Nadia Agnolet applique de la couleur sur une surface, au pinceau. Une forme naît. Un fond existe. Elle pratique le repentir. L’insatisfaction d’un rendu pousse à en recuire la pellicule. La matière se transforme. Maîtrise et surprise. Portrait et défiguration. Brutalité et sophistication. Ça vacille.

Publié pour la candidature de Nadia Agnolet au prix Novembre à Vitry 2019

La loutre et la poutre

Une fable sur le décoratif avec des œuvres de Nadia Agnolet, Neïl Beloufa, Mireille Blanc, Jean-Baptiste Bernadet, Sarah Tritz, Guillaume Constantin, Anne Dangar, Mimosa Echard, Jean-Baptiste Fastrez, Louis Gary, Albert Gleizes, Benjamin Hochart, Jean Lurçat, Colombe Marcasiano, Thomas Mailaender, Gabriel Méo, Cécile Noguès, Mathieu Peyroulet, Octave Rimbert-Rivière, Maxime Thieffine, Anne Laure Sacriste, Elsa Sahal, Clémence Seilles et Céline Vaché-Olivieri
signée avec Mathieu Buard
du 20 septembre au 26 octobre 2014
à Moly-Sabata / Fondation Albert Gleizes à Sablons ainsi qu’à la chapelle de Givray à Saint-Maurice-l’Exil

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crédit photographique Nicolas Brasseur