Duetto

Une exposition avec pour l’instant Cemil Aliyev, Carlotta Bailly-Borg, Jonathan Baldock, Raphaël Barontini, Jean-Baptiste Bernadet, Bernard, Hélène Bertin, Mireille Blanc, Geneviève de Cissey, Matthieu Cossé, Anne Dangar, Charlotte Denamur, Amélie Lucas-Gary, Nathalie Pouzet, Marianne Marić, Maude Maris, Étienne Mauroy, Éléonore Saintagnan, Lina Scheynius, Apolonia Sokol, Henri Ughetto, Emmanuel Van der Meulen, Marion Verboom et Marine Wallon
du 17 mars 2020 jusqu’à la fin du confinement national
à Sablons

Maintenant que nous sommes toutes et tous isolé.e.s, je vous fait part d’une récente intuition que j’ai concrétisée aujourd’hui. Faire une exposition par jour au moins, est mon engagement depuis le 27 septembre 2004, et il en a été ainsi. Il me semble essentiel en toute circonstance de continuer à partager l’art en tant qu’expérience sensible. Dans le strict respect des mesures de confinement, j’ai décidé de fabriquer cet accrochage quotidien, et d’en partager avec vous quelques images. Le projet s’intitule « Duetto » et se construira au jour le jour en associant deux œuvres choisies dans ma proximité. Et si nous ne pouvons plus pour l’instant entrer en contact, elles le peuvent.

We are now all shut in, and I would like to share with you an intuition I’ve got for some days, that I made come true today. To do a show a day at least, is my credo since 27 September 2004, and it have been so. It seems important in any circumstance to keep sharing art as a sensitive experience. In the strict observation of the lockdown rules, I decided to make this daily display, and to share with you some installation shots. The project is titled « Duetto » and it will be evolving day after day by putting together two artworks chosen around me. As we are not allowed to be in touch at the moment, they can.

Duetto #1 Jonathan Baldock | Marion Verboom
Duetto #2 Nathalie Pouzet | Apolonia Sokol
Duetto #3 Hélène Bertin | Lina Scheynius
Duetto #4 Maude Maris | Étienne Mauroy
Duetto #5 Raphaël Barontini | Henri Ughetto
Duetto #6 Geneviève de Cissey | Emmanuel Van der Meulen
Duetto #7 Matthieu Cossé | Éléonore Saintagnan
Duetto #8 Carlotta Bailly-Borg | Anne Dangar
Duetto #9 Amélie Lucas-Gary | Marine Wallon
Duetto #10 Cemil Aliyev | Bernard
Duetto #11 Mireille Blanc | Marianne Marić
Duetto #12 Jean-Baptiste Bernadet | Charlotte Denamur

Duetto #1 Jonathan Baldock | Marion Verboom

↓ Jonathan Baldock, Untitled, 15 x 15 x 3.5 cm, céramique, 2018 | Marion Verboom, Sans titre, 13 x 11 x 6 cm, céramique, 2018

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Duetto #2 Nathalie Pouzet | Apolonia Sokol

↓ Nathalie Pouzet, Sans titre, 19 x 7.5 x 3 cm, terre vernissée, années 2000 | Apolonia Sokol, Médusa, 27 x 35 x 4 cm, huile sur toile, 2016

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Duetto #3 Hélène Bertin | Lina Scheynius

↓ Hélène Bertin, Roulé du dehors au dedans, 9 x 10 x 20 cm, faïence émaillée, 2020 | Lina Scheynius, from The Flowers Serie, tirage photographique, 10 x 15 cm, 2017-18

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Duetto #4 Maude Maris | Étienne Mauroy

↓ Maude Maris, Huit objets deux fossiles fond brun, 21 x 16 x 1.5 cm, huile sur toile, 2013 | Étienne Mauroy, de la série Quarante-neuf, 16 x 18 x 18 cm, grès engobé, 2019

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Duetto #5 Raphaël Barontini | Henri Ughetto

↓ Raphaël Barontini, pour Les Belles Transparences, 18x 24 cm, risographie, 2019 | Henri Ughetto, Sans titre, 10 x 11 x 1 cm, encre sur coquille, non daté

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Duetto #6 Geneviève de Cissey | Emmanuel Van der Meulen

↓ Geneviève de Cissey, plat, 34 cm de diamètre, terre vernissée, années 1980 | Emmanuel Van der Meulen, 16 x 21 x 2 cm, huile sur toile, 2013

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Duetto #7 Matthieu Cossé | Éléonore Saintagnan

↓ Matthieu Cossé, Étude de radis, 15 x 18 cm, gouache sur carton, 2019 | Éléonore Saintagnan, 11 cm de diamètre x 5 cm, céramique émaillée, 2018

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Duetto #8 Carlotta Bailly-Borg | Anne Dangar

↓ Carlotta Bailly-Borg, Pour Joël, 36.5 x 32 cm, encre, aquarelle, 2018 | Anne Dangar, décor du banc à battre de sa poterie, terre vernissée, 159 x 53 cm, années 1940

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Duetto #9 Amélie Lucas-Gary | Marine Wallon

↓ Amélie Lucas-Gary, Sans titre (extrait de Cosmos), 27 cm de diamètre x 3 cm, argile rouge cuite, 2013 | Marine Wallon, Pilateus, 40 x 55 cm, huile sur toile, 2019

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Duetto #10 Cemil Aliyev | Bernard

↓ Cemil Aliyev, In, 13 x 17 cm, tirage pigmentaire, 2019 | Bernard (Nadia Agnolet & Vanessa Dziuba), Repose-chose, 9 x 9 x 9 cm, céramique émaillée, 2019

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Duetto #11 Mireille Blanc | Marianne Marić

↓ Mireille Blanc, Morhange, 35 x 45 cm, alugraphie sur papier calque, 2014 | Marianne Marić, Jules, 23.5 x 30 cm, tirage argentique, 2018

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Duetto #12 Jean-Baptiste Bernadet | Charlotte Denamur

↓ Jean-Baptiste Bernadet, Sans titre (Toucher l’une sans faire bouger l’autre), 16 cm de diamètre, huile sur polystyrène, 2014-19 | Charlotte Denamur, Fantôme vermeil, 13 x 11 cm, vinylique et acrylique sur toile, 2017

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Portrait de Mireille Blanc

Mireille Blanc peint l’image des images. Dans son atelier, sur de la toile libre et vierge grossièrement découpée puis agrafée au mur, des rectangles se remplissent de couleurs. L’application passe essentiellement par de l’huile posée au pinceau, parfois augmentée d’autres ajouts indirects. L’onctuosité de la touche est devenue caractéristique. Et autour de la zone envisagée, des marques s’accumulent en constellation et semblent s’animer en orbite. Surplus de matière. Essais chromatiques. Ces marges techniques sont un espace intermédiaire entre la palette et l’œuvre. La mise en forme du tableau finira souvent par anéantir de tels témoignages dans des replis invisibles ou des chutes abandonnées. Des chiffons gisent au sol. Un chien respire dans un coin. Ces détails se retrouveront peut-être un jour eux-même portraiturés en de futures pièces, pourvu que quelqu’un les immortalise. Tout se resserre. Pendrillons sur scène. Œillères d’une monture. Diaphragme d’un appareil optique. Il s’agit de diriger le regard et d’affirmer les visées. Par ses cadrages extrêmes, l’artiste excite un art du liseré, cette méticulosité du bord. Elle manifeste le fragment pour prescription et parvient à statuer, à statufier. C’est le châssis qui opère en ultime couperet de ses peintures.

Mireille Blanc imagine des épaisseurs sentimentales. Elle apporte cette mesure ne relevant pas tant de la profondeur, que d’une autre impression encore. Ni troisième, ni quatrième, voilà une dimension qui échappe à l’énumération. Sa pratique aiguise des moyens picturaux pour révéler la réalité de clichés amateurs, de clichés aimés. L’infante des eighties grandit dans une époque voyant l’utilisation de la photo déjà bien démocratisée, scandée par l’attente du développement, les régulières aberrations du tirage et la surprise du moment retrouvé en feuilletant les albums. Puis d’un siècle à l’autre, tout cela s’est dilué dans l’instantanéité des stimuli électroniques. C’est donc l’usage voire l’usure qui se retrouve au cœur d’une production imprégnée par la matérialité des souvenirs, brouillés par un reflet, rognés par une encoche, coupés par une bordure. La photographie argentique reprise à son tour par l’outil numérique intervient très tôt dans le présent processus. Bien que tamisant inlassablement le monde, tout vestige ne déclenche pas chez l’artiste un désir de peindre. Ce qui doit être représenté s’impose. Et c’est dans un matériau familier voire familial que se débite la pellicule des images.

Mireille Blanc voile nécessairement ses surfaces. Ses tableaux se distinguent par ce film infime, lorsqu’il ne s’agit pas d’un feuilleté plus sophistiqué, qui nous séparent toujours de ce que l’on croit y identifier. Custode ou courtine. Banne ou cantonnière. Tablier ou brises-bise. Nombreux sont les termes pour qualifier selon des domaines spécifiques, cet écran faisant office d’opercule entre deux mondes. Il s’en passe derrière les devantures. Et l’étoffe permet de plisser la perception des choses. Sa sensibilité proclame les stigmates de l’artificialité Elle leur attribue une texture propre, une sensation tangible. Cette prégnance conduit une conscience des mécanismes de la représentation et des multiples détours et truchements qu’elle exige. Il y a constamment plus d’obstacles visuels qui nous éloignent des sources. Dans une maison, les voilages insolées durant des décennies gardent l’empreinte des contours des fenêtres, des bibelots qui patientent par là et qui sait, de la vue sur laquelle elles donnent. Photogrammes sauvages. Au-delà de la fertile métaphore, la peintre chérit les tentures et autres broderies décoratives en tant que motif. Leur dessin, suranné de préférence, assure par l’entremise d’un paysage figuré ou d’entrelacs complexes, une couche supplémentaire au sein de cette cuisine ophtalmologique. De quoi accentuer les stratégies d’apparition et de dissimulation permises par le jeu des rideaux.

Revêtements, mémoires, confidences.

Publié le 14 avril 2018 dans le catalogue Œuvres/Works 2011-2018 aux éditions Sunset

Peintures, images, rideaux

Une exposition personnelle de Mireille Blanc
du 21 mars au 26 mai 2018
à la Maison des arts à Grand Quevilly

Pour sa première exposition personnelle en centre d’art, Mireille Blanc présente un ensemble de tableaux dont plusieurs ont été réalisés ces mois-ci dans son atelier francilien. La trentaine d’œuvres est augmentée par l’apparition inédite de photographies, pourtant bien ancrées dans la production de l’artiste, en ses marges. L’articulation des différents corpus est rythmée par d’autres présences frontales, qualifiant l’interface entre intérieur et extérieur, rideau à l’image de la peinture. Cette monographie partage des grisailles onctueuses caractéristiques, et s’aventure à s’offrir plus encore. Revêtements, mémoires, confidences. La maison normande au pied des tours agit ici en révélateur d’un médium en général, et de celui de Mireille Blanc en particulier.

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La loutre et la poutre

Une fable sur le décoratif avec des œuvres de Nadia Agnolet, Neïl Beloufa, Mireille Blanc, Jean-Baptiste Bernadet, Sarah Tritz, Guillaume Constantin, Anne Dangar, Mimosa Echard, Jean-Baptiste Fastrez, Louis Gary, Albert Gleizes, Benjamin Hochart, Jean Lurçat, Colombe Marcasiano, Thomas Mailaender, Gabriel Méo, Cécile Noguès, Mathieu Peyroulet, Octave Rimbert-Rivière, Maxime Thieffine, Anne Laure Sacriste, Elsa Sahal, Clémence Seilles et Céline Vaché-Olivieri
signée avec Mathieu Buard
du 20 septembre au 26 octobre 2014
à Moly-Sabata / Fondation Albert Gleizes à Sablons ainsi qu’à la chapelle de Givray à Saint-Maurice-l’Exil

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crédit photographique Nicolas Brasseur

Outresol #1

Une exposition avec des œuvres de Florian Bézu, Mireille Blanc, Sylvain Couzinet-Jacques, Anne Laure Sacriste, Lina Scheynius et sans Robert Malaval
signée avec Mathieu Buard
du 2 au 29 mai 2013
à L’île
sur une invitation de Johan Fleury de Witte

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crédit photographique Nicolas Brasseur