En crue

Une exposition avec des œuvres de Caroline Achaintre, Thomas Bayrle, Gilka Beclu-Geoffray, Geneviève de Cissey, Anne Dangar, Charlotte Denamur, Lucie Deveyle, Claude Famechon, Josephine Halvorson, Jean-Claude Libert, Robert Pouyaud et Romain Vicari
du 16 septembre au 29 octobre 2017
à Moly-Sabata à Sablons

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Anne et Lucie

Anne fait des poteries. Elle a quitté son Australie natale pour vivre l’aventure cubiste selon les apprentissages d’un idéal, dans les sillons d’où proviennent sa matière première, à Moly-Sabata.

Lucie fait des tissages. Elle a suivi ses employeurs qui déménagèrent à la campagne, trouvant au sein de cette famille sa propre place en continuant à s’occuper des enfants, à Moly-Sabata.

La rencontre se fait là. Étrangement, chacune s’y retrouve par l’entremise d’une figure masculine, maître ou patriarche. L’influence paternisante est grande. Sur place cependant, au quotidien, elle se dématérialisera. C’est bien un univers de femmes qui persiste. Les amies vivent alors ensemble et restent à ce jour les artistes qui partagèrent le plus de temps dans cette colonie. Elles forgèrent une complicité manifeste et au fil des années, prirent l’habitude d’associer leurs productions, l’une sur l’autre, par un jeu de contacts propices, avec dextérité. Voilà l’assurance d’une enveloppe, la sécurité d’un socle tendre qui sait rester stable. L’émaillé s’assied sur le moelleux. Le doux accueille le dur.

Aujourd’hui, rassembler les céramiques récemment réalisées en résidence à Moly-Sabata, c’est aussi réveiller cette intime tradition. Plus qu’un récapitulatif d’objets, il s’agit de partager la sensualité d’un dispositif simple et entier, qui n’envisage plus la terre cuite comme une sculpture quelconque mais en tant que médium exigeant les plaisirs domestiques de l’agencement. Au sein d’une actualité artistique dans laquelle la céramique acquiert une visibilité exponentielle, il est bon de rappeler que l’on en produit à Moly-Sabata depuis près de quatre-vingt-dix ans, et que des stratégies pour l’exposer y ont été développées simultanément. De quoi affirmer les joies de surfaces complémentaires. Le cassant se love dans les plis. Le souple frôle le brillant.


Ce texte a été écrit pour l’exposition éponyme avec des céramiques de Jean-Baptiste Bernadet, Kris Campo, Pierre David, Suzanne Husky, Gabriel Méo, David Posth-Kohler, JP Racca-Vammerisse, Octave Rimbert-Rivière et Mathias Tujague ainsi que quelques caresses opportunes de Lindsey Mendick pour Moly-Sabata / Fondation Albert Gleizes du 26 juin au 21 août 2016 dans le cadre de l’évènement Anne Dangar, céramiste – Le Cubisme au quotidien au Musée de Valence.