Prix de peinture en bords de Rhône

Ils sont deux lauréats à occuper les rives du fleuve avec une monographie chacun. Samuel Richardot a été primé en 2007 et Raul Illarramendi en 2011. En ayant salué ces productions, le Prix Jean Chevalier fait preuve d’audace, et inscrit sa vision du médium dans une perspective prospective.

Là où d’autres initiatives assimilent encore l’interprétation d’un héritage à des pratiques anachroniques, le Prix Jean Chevalier se distingue par un positionnement plutôt clairvoyant. La récompense est décernée tous les deux ans depuis 2007, dans le souvenir du peintre éponyme, élève d’élèves du cubisme et actif au courant du vingtième siècle à Lyon. La dotation se précise progressivement pour aboutir aujourd’hui à une somme de cinq mille euros, une résidence et une exposition parrainée par la Galerie Oliver Houg. L’édition sera bien reconduite en 2013. Jusque-là pour postuler, il s’agissait d’avoir moins de trente ans et d’œuvrer en région Rhône-Alpes ou ses alentours.

C’est à Valence qu’il faut se rendre pour approcher la première de nos étapes. En centre ville dans un petit espace qui assure une belle programmation, sont alignés les formats de Samuel Richardot. Malgré l’évidence du calendrier et son voisinage géographique, cette présentation a été pensée indépendamment du Prix, qui demeure une ligne dans la biographie de l’artiste. Toute la série de toiles témoigne d’une gourmandise plastique heureuse. Les surfaces sont partitionnées en sections tranchantes, régulièrement adoucies par des nuées de couleurs. Et le carrelage du sol est cette fois très à-propos, partageant avec plusieurs œuvres le motif explicite de la grille.

jusqu’au 28 juillet 2012
art3
8, rue Sabaterie – 26000 Valence
Tél. : 04 75 55 31 24
Du mercredi au samedi de 14h à 19h sauf le samedi 14 juillet 2012

Si déjà nous foulons la bourgade, signalons que le Musée de la ville entame son ultime phase de travaux avant réouverture. Durant les années de chantier, l’institution a multiplié les évènements pour garantir une visibilité même réduite à son activité et ses collections. Dernière manifestation hors-les-murs en date, « Célébration – Rêves de nature » associe pièces historiques et contemporaines autour de deux merveilleux herbiers du dix-huitième siècle, prétextant un hommage à Jean-Jacques Rousseau dont le tricentenaire est honoré par toute la région en cette saison. Sur deux étages, la commissaire Dorothée Deyries-Henry distribue avec distinction les productions de Daniel Arsham, Antoine-Louis Barye, Céleste Boursier-Mougenot, Sophie Calle, Eugène Delacroix, Narcisse Diaz de la Peña, Jean Fautrier, Ceal Floyer, Hamish Fulton, Cornelis Gysbrechts, Henri Harpignies, Uwe Henneken, Jean-Émile Laboureur, Rose Lowder, Henri Michaux, Éric Poitevin, Hubert Robert et Roman Signer.

jusqu’au 7 juillet 2012
Lux – Scène nationale
36, boulevard du général de Gaulle – 26000 Valence
Tél. : 04 75 82 44 15
Du mardi au vendredi de 14h à 18h et le samedi de 16h à 19h

À une cinquantaine de kilomètres en aval, trône Moly-Sabata, bâtisse dont l’austérité ponctue le paysage rhodanien. Derrière l’épaisseur de ses murs, existe une hospitalité précieuse. La propriété accueille depuis des décennies des artistes en résidence, dans l’application fidèle du testament du cubiste Albert Gleizes qui légua le bien à cet unique usage. Aujourd’hui, sa fondation gère l’endroit et est partenaire de la présente édition du Prix Jean Chevalier. Raul Illarramendi y a séjourné trois mois afin de produire l’intégralité des pièces qui ont composé son accrochage. Où l’on a vu petits et grands formats d’une facture empreinte de virtuosité. L’artiste simule avec brio traces et accidents, en usant uniquement du crayon de couleur sur papier avec un judicieux travail de réserve. L’élégance de cette maîtrise tranche avec l’apparente trivialité de ce qu’elle représente. Et l’exécution fastidieuse fascine, jusque dans les caves de la demeure où ont été reproduits les stigmates laissés par des inondations successives.

jusqu’au 29 juillet 2012
Moly-Sabata
1, rue Moly-Sabata – 38550 Sablons
Tél. : 04 74 84 28 47
tous les jours de 14h à 19h

Résidente via d’autres modalités, Stéphanie Nava articule actuellement une double exposition se déployant de part et d’autre des flots. L’évènement « Frontalier des rives – Riverains des frontières » est une correspondance généreuse entre les deux rivages, concentrant ici toute la poésie d’une vallée que l’artiste tutoie avec familiarité.

jusqu’au 16 septembre 2012
Musée des Mariniers
rue du musée – 07340 Serrières
Tél. : 04 75 34 00 46
du mercredi au lundi de 10h à 12h et de 14h30 à 18h sauf jours fériés

Consulter l’article publié le 29.06.2012 sur Artnet.fr

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Montpellier dans le palmarès

La ville peut se gargariser d’être classée quarantième destination mondiale, et seule française, dans la prestigieuse liste signée par le New York Times des lieux à parcourir en 2012. Si le journal américain souligne des élans architecturaux effectivement impressionnants, il ne dit rien du réseau d’art contemporain actif au sein de la métropole. Celui-ci ne fait pas de Montpellier une priorité dans le domaine, mais l’inscrit sans aucun doute comme une excitante étape au sein d’un circuit en Languedoc-Roussillon à compléter par des visites à Nîmes, Sète et Sérignan.

Avant tout, il faut applaudir le travail du Frac (Fonds régional d’art contemporain) qui s’est entre autres illustré par une série de manifestations biennales faisant honneur aux missions de l’institution. Prenant pour prétextes les personnages populaires de Marcel Duchamp en 2006, Gargantua en 2008 et Casanova en 2010, ces initiatives estivales dispersaient avec audace et exigence, des pièces de la collection et plus encore, de manière assez homogène sur le territoire. Un épais catalogue accompagnait systématiquement ces aventures, dont la fréquence est pour le moment suspendue. En ses murs se tient actuellement une exposition de Natacha Lesueur dont une vaste monographie vient de se clôturer au Mamco à Genève. L’artiste concentre ici sa proposition sur une série récente de photographies mettant en scène un seul modèle qui endosse une suite d’artifices. Les portraits carnavalesques déclinent des habillages sophistiqués. Et l’artiste augmente de façon assez inédite son accrochage d’un dessin et trois films.

jusqu’au 5 mai 2012
Frac Languedoc-Roussillon
4, rue Rambaud – 34000 Montpellier
Tél. : 04 99 74 20 35
du mardi au samedi de 14h à 18h

À proximité, une visibilité était accordée aux étudiants des écoles d’Architecture et de Beaux-arts de la ville, dans le cadre de la troisième édition de Buzz.

Galerie Aperto
1, rue Etienne Cardaire – 34000 Montpellier
Tél. : 04 67 72 57 41

En remontant dans l’Ecusson, puisque c’est ainsi que l’on surnomme le centre historique, se trouve un autre espace associatif actuellement investit avec humour par Guillaume Pinard.

jusqu’au 14 avril 2012
Iconoscope
1, rue du général Maureilhan – 34000 Montpellier
Tél. : 04 67 63 03 84
le mardi et du jeudi au samedi de 15h à 18h30

La Galerie Hélène Trintignant fait figure historique.

Galerie Hélène Trintignant
21, rue Saint-Guilhem – 34000 Montpellier
Tél. : 04 67 60 57 18
du mardi au samedi de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 19h

Au fond d’une boutique de fantaisies, se cache une petite salle d’exposition. Après Cyril Hatt qui y présentait ses fameux objets, c’est le collectif Hibiscus Transportable qui sévit.

jusqu’au 26 mai 2012
Linette
5, rue Sainte Anne – 34000 Montpellier
Tél. : 09 81 05 39 75
les mardi, jeudi et vendredi de 10h30 à 13h et de 14h à 18h30 et le samedi de 10h à 19h

Et dans une spectaculaire nef désacralisée, Bernard Pagès plante six sculptures. La septième a été isolée dans le narthex. Toujours, les matériaux sont travaillés dans un élan ascensionnel, mais la principale interrogation reste celle des bouts : comment finir le modelage d’une ligne ?

jusqu’au 25 mars
Carré Saint Anne
2, Rue Philippy – 34000 Montpellier
Tél. : 04 67 60 82 11
du mardi au dimanche de 10h à 13h et de 14h à 18h

Ailleurs, Arnaud Vasseux déploie sa propre délicatesse alors qu’Aristide Bianchi occupe l’étage.

jusqu’au 28 avril 2012
Galerie AL/MA
14, rue Aristide Ollivier – 34000 Montpellier
Tél. : 09 51 30 27 01
du mardi au samedi de 15h à 19h

Une autre initiative municipale dédiée à la photographie offre une jolie programmation dans un environnement sérieux et confortable. Cette fois, c’est William Eugene Smith qui nous emporte dans la diversité de la cité américaine de Pittsburgh qu’il documenta de 1955 à 1958.

jusqu’au 3 juin 2012
Pavillon Populaire
Esplanade Charles-De-Gaulle – 34000 Montpellier
Tél. : 04 67 66 13 46
du mardi au dimanche de 10h à 13h et de 14h à 18h

Eudes Menichetti poursuit son exploration du corps humain par sa représentation.
Jusqu’au 24 mars 2012

Galerie chantiersBoîteNoire
1, rue Carbonnerie – 34000 Montpellier
Tél. : 04 67 66 25 87
du mercredi au samedi de 15h30 à 19h

En attendant la réouverture de La Panacée et du centre d’art ambitieux qu’elle hébergerait, on déplore que la programmation du Musée Fabre n’enthousiasme pas d’avantage, malgré des collections estimables.

Musée Fabre
39, boulevard Bonne Nouvelle – 34000 Montpellier
Tél. : 04 67 14 83 00
du mardi au dimanche de 10h à 18h

Et au-delà du Corum qui marque un seuil dans l’urbanisme montpelliérain, se situe l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts donnant parfois à voir des expositions, et dans son voisinage la Galerie Vasistas qui présente en ce moment les peintres David Bioulès et Joël Renard.

jusqu’au 28 avril 2012
Galerie Vasistas
37, avenue Bouisson Bertrand – 34090 Montpellier
Tél. : 06 75 49 19 58
du mercredi au samedi de 15h à 18h30

Reste à flâner amoureusement dans l’épatant patrimoine universitaire de la cité, entre les facultés centenaires et le plus ancien Jardin des Plantes de France. Mais la ville n’a cessé de façonner son paysage, en osant de spectaculaires réalisations contemporaines, érigeant hier le complexe d’Antigone par Ricardo Bofill, inaugurant aujourd’hui le nouvel Hôtel de Ville par Jean Nouvel et finalisant pour demain les Archives Départementales par Zaha Hadid.

Concluons dans l’exception en rappelant que Montpellier fut choisie comme unique halte française de la nouvelle tournée internationale d’Einstein on the Beach. Monument de grâce et d’austérité conçu en 1976 par Philip Glass, Robert Wilson et Lucinda Childs, ce prodigieux opéra post-moderne vous rend captif de ses ritournelles, à jamais.

Consulter l’article publié le 22.03.2012 sur Artnet.fr

I ♥ DH

Il est le plus médiatique des Young British Artists, génération déjà très populaire grâce à l’élan de diffusion dont elle a bénéficié dès les années quatre-vingt-dix. Damien Hirst accumule les superlatifs en bousculant régulièrement le marché de l’art. Chérissant le spectaculaire, habitué au démonstratif, on peut se demander pourquoi il n’a pas encore été invité à investir notre Château de Versailles. Mais actuellement, c’est une toute autre mégalomanie qu’il expérimente en exposant simultanément à New York, Beverly Hills, Genève, Rome, Athènes, Hong-Kong, Londres et Paris. Cette ubiquité peut permettre à chacun, paradoxalement, d’oublier un peu l’homme d’affaire en approchant l’artiste. Vérification de part et d’autre de La Manche.

L’aventure The Complete Spot Paintings 1986-2011 se déploie dans toutes les galeries du marchand Larry Gagosian, soit onze adresses, huit villes, sept pays et trois continents. L’initiative permet de dérouler vingt-cinq années d’un pointillisme quadrillé. La même trame a subi des centaines de déclinaisons, négociant ainsi l’essoufflement d’un motif avec simplement des pois, des couleurs et des rythmes. La frontalité des outils plastiques déconcerte lorsqu’on la lorgne avec méfiance sur une reproduction, mais interpelle quand enfin on rencontre physiquement les toiles. Et l’occasion en France, est rare.

Dans le huitième arrondissement, un contraste harmonieux confronte la façade haussmannienne que l’on pénètre et les tapisseries de points colorés qu’elle abrite. D’emblée, notre attention est surprise par l’humanité qui suinte malgré tout de ce projet mécanique. Car derrière chacune des œuvres de la série, se cache certes la pensée du créateur, mais aussi des petites mains qui tracèrent avec application les gourmandes pastilles. La qualité chromatique de leur organisation chatouille nos rétines, phénomène optique que l’on ne prêtait initialement pas à l’aridité supposée du projet. La présentation investit les deux niveaux de l’endroit, les récentes au rez-de-chaussée, les anciennes à l’étage.

jusqu’au 10 mars 2012
Galerie Gagosian
4, rue de Ponthieu – 75008 Paris
Tél. : 0175 00 05 92
du mardi au samedi de 11h à 19h

C’est dans le luxueux quartier de Mayfair que se trouve le plus modeste des espaces du galeriste américain. Ici s’alignent les petits formats, supports de minuscules ronds, mais aussi de formes tronquées par les bordures du châssis. Le parti pris fonctionne bien et propose un accrochage apaisé, presque discret.

jusqu’au 18 février 2012
Galerie Gagosian
17-19, Davies Street London W1K 3DE
Tél. : 44 207 493 3020
du mardi au samedi de 10h à 18h

Et à quelques pas de la gare St-Pancras qui relie les deux capitales, on retrouve la démesure associée à Damien Hirst avec d’immenses volumes généreusement occupés par des œuvres de toutes tailles. L’approche frôle ici l’encyclopédique et insiste peut-être plus qu’ailleurs encore, sur l’universalité de ces compositions abstraites aux connotations faciles et nombreuses. Le champ lexical des titres, emprunté au domaine chimique fait directement écho aux signes pharmaceutiques qu’emploie l’artiste dans un pan de sa production. Dans la dernière salle, plusieurs pièces révèlent des clés quasi décevantes tant on s’était habitué au mutisme des combinaisons. Un système de correspondances associe toute teinte à une lettre et autoriserait à déchiffrer des sentences dissimulées dans chaque artefact.

jusqu’au 18 février 2012
Galerie Gagosian
6-24, Britannia Street London WC1X 9JD
Tél. : 44 207 841 9960
du mardi au samedi de 10h à 18h

Ce n’est pas parce qu’une grande manifestation est consacrée à cette suite d’œuvres, que celle-ci se voit clôturée. La gamme continue. L’artiste a fait démarrer en 2011 le projet « One-million-spot-painting » dont la réalisation s’étale sur neuf ans et demi.

Comme les britanniques ont ce talent du pop pour motiver les foules, un défi a été lancé invitant qui veut, et qui peut, à parcourir le monde pour approcher chacune des étapes. Il suffit de s’enregistrer en ligne et faire tamponner une carte auprès des onze localisations. De cette manière, vous gagneriez une sérigraphie que l’artiste vous dédicacera personnellement.

Consulter l’article publié le 14.02.2012 sur Artnet.fr

Paris, Cherbourg : Austérité sentimentale

De l’irrésistible hôtel particulier à l’architecture radicale périurbaine, Patrick Faigenbaum investit deux contextes opposés pour mieux donner à voir l’homogénéité de sa production. Ici, ailleurs, demeurent des clichés exigeants et silencieux, figés dans la gélatine de tirages argentiques.

L’arrivée à l’Hôtel Scheffer-Renan par l’allée qui le sépare de la rue impressionne toujours. Le Musée de la Vie romantique fait partie d’un réseau municipal de lieux d’exception, accueillant parfois de l’art contemporain. Les initiatives de la Ville dans ce cadre sont généralement heureuses, et l’invitation faite à Patrick Faigenbaum apparaît toute aussi intrigante qu’évidente. On connaît de ses œuvres, leur sérénité triste, et c’est donc avec excitation que l’on s’engage dans la découverte de leur potentiel dialogue avec la mélancolie du XIXe siècle. Quatre-vingts photographies sont ainsi présentées dans les deux communs du pavillon. Dans les premières salles, des images minérales accompagnent les séries immortalisant la mère de l’artiste, ultime représentation de celle qui donna la vie alors qu’elle s’apprête à la perdre. Définitivement portraitiste même en l’absence de visages, le photographe qualifie une ville par ceux qui l’habitent et fait habiter d’une humanité singulière les prises de vues où personne ne figure. L’ensemble de l’exposition se focalise sur le pays parisien, documentant l’intimité de la capitale tout en s’autorisant des promenades franciliennes.

jusqu’au 12 février 2012
Musée de la Vie romantique
16, rue Chaptal – 75009 Paris
Tél. : 01 55 31 95 67
du mardi au dimanche de 10h à 18h

Et depuis le cœur du neuvième arrondissement, la Gare Saint-Lazare est toute proche, et trois heures plus tard après avoir traversé le Cotentin en Corail Intercités, vous arriverez à Cherbourg-Octeville. Le Point du Jour se situe à proximité de la gare, et se distingue facilement par son bâtiment inauguré en 2008, qui dote après une dizaine d’années d’activité une association qui œuvrait jusque-là sans espace dédié. Modeste et manifeste, le cube tronqué est tapissé d’un revêtement argenté qui évoque littéralement le médium auquel la structure se consacre. À l’intérieur, le sol de bitume perturbe mais offre effectivement une surface sombre qui socle d’emblée l’accrochage. Celui-ci est relativement dense, lorsqu’on le compare aux habitudes du photographe. Il retrace trente-cinq ans de production, en prenant pour prétexte, les images en noir et blanc. L’intelligence de cette belle frise est d’en transgresser la règle, en laissant surgir quelques exceptions colorées : un homme absorbé dans un tronc noueux ou quelques pêches et citrons. Entre figures et natures mortes se démarquent des portraits de famille, comiques lorsque la lignée pose, stoïque, dans son apparat, poignants quand seuls un ou deux membres se retrouvent isolés mais indéniablement entourés de fantômes.

jusqu’au 22 janvier 2012
Point du Jour
107, avenue de Paris – 50100 Cherbourg-Octeville
Tél. : 02 33 22 99 23
du mercredi au vendredi de 14h à 18h et les samedi et dimanche de 11h à 19h

Signalons que le photographe participe également à une présentation collective montée dans l’espace bruxellois de sa galerie.

jusqu’au 25 février 2012
Galerie Nathalie Obadia
8, rue Charles Decoster -1050 Ixelles-Bruxelles
Tél. : +32 (0) 2 648 14 05
du mardi au samedi de 14h à 18h

Patrick Faigenbaum ne contourne en rien la puissance mortifère de son médium, négociation permanente entre le vif et le coi. Depuis des décennies, il formule un imagier sentimental qui fuit le spectaculaire pour imposer sa propre temporalité, à l’image des sujets dont il se préoccupe, digne et humble.

Consulter l’article publié le 20.01.2012 sur Artnet.fr

Quatrièmes villes de France : Metz

La bourgade jouit d’une belle proximité avec Luxembourg et ses institutions. Et dans une forêt humide de ses environs, cela ne se sait pas, Le Corbusier dressa l’une des cinq Cités Radieuses. Mais ce compte-rendu se focalisera sur un périmètre piéton au départ de la massive gare de la ville, bâtisse charnue de style néo-roman rhénan, inaugurée il y a un siècle par l’Empire allemand. Et voilà plus d’un an et demi que le Musée national d’Art moderne a implanté sa nouvelle annexe dans ce voisinage. L’architecture, malgré les déboires dont elle a pu faire l’objet, reste un signal spectaculaire que l’on identifie déjà à travers les vitres du train, le moyen rapide pour rejoindre le chef-lieu lorrain.

Leur « Nuage » s’affichait déjà sur la baie la plus exposée lors de l’accrochage inaugural de l’établissement. Les frères bretons occupent cette fois tout le troisième étage. Ronan & Erwan Bouroullec organisent quinze années de travail sur mille mètres carrés. Les noms génériques de leurs séries confirment une visée encyclopédique, renouvelant progressivement toute une cosmogonie de meubles. On retrouve sur ce plateau libre et aéré, leur palette précise et rabattue déclinée sur des objets au fort potentiel plastique, qui leur valut une place selon Eric Troncy aux côtés des nominés du Prix Ricard 2011.

jusqu’au 30 juillet 2012

Pratiquement invisible sur l’un des balcons intérieurs, une œuvre in-situ de Daniel Buren reflète la merveilleuse charpente tressée de Shigeru Ban.

jusqu’au 5 mars 2012

Deuxième exposition composée à partir de la collection du Musée, Erre prend le labyrinthe pour prétexte. Motif graphique ou métaphore de la pensée, cet hymne au dédale est sectionné en huit chapitres répartis selon une muséographie encore une fois inopportune, laissée inchangée depuis l’ouverture de cette Grande Nef. C’est avec Hélène Guenin que Guillaume Désanges signe le commissariat de cette aventure de l’enchevêtrement. On peine d’ailleurs à identifier le style de cet auteur, qui s’illustre ces jours-ci à l’École des Beaux-arts de Paris où il orchestre une formidable frise chronologique combinant avec ses nécessaires manques, les œuvres d’artistes diplômés de la formation au cours de la plus récente décennie. L’homme est également l’un des cinq membres du comité technique d’acquisition du Frac Lorraine. Il invite à ce titre la directrice du fonds régional à se positionner en écho à sa propre proposition au Centre Pompidou-Metz.

jusqu’au 5 mars 2012
Centre Pompidou-Metz
1, parvis des droits de l’homme – 57020 Metz
Tél. : 03 87 15 39 39
les lundi et mercredi de 11h à 18h, jeudi et vendredi de 11h à 20h, samedi de 10h à 20h et dimanche de 10h à 18h

Pour répondre à cela, Béatrice Josse retenait du sujet labyrinthique sa dimension méditative, déployée à l’occasion de la précédente exposition. On retrouve bien dans ce choix la tradition de la structure à privilégier l’expérience à la forme, engagement qui orienta en partie la collection vers les immatériaux. Mais c’est dans les méandres de la pensée écrite que l’actualité du Frac nous immergera à travers le projet d’Anja Isabel Schneider, lauréate de la cinquième édition du « Prix MARCO / FRAC Lorraine pour les Jeunes commissaires d’exposition ». Son initiative associera des œuvres d’Anna Barham, Nina Beier & Marie Lund, Alejandro Cesarco, Amélie Dubois, Dora Garcìa, Fabio Kacero, David Lamelas, Ján Mancuška, Helen Mirra, Claire Morel, Tania Mouraud, Ewa Partum et Charles Sandison.

du 27 janvier au 8 avril 2012
49 Nord 6 Est – Fonds régional d’art contemporain de Lorraine
1 bis, rue des Trinitaires – 57000 Metz
Tél. : 03 87 74 20 02
du mardi au vendredi de 14h à 19h et les samedi et dimanche de 11h à 19h

Catherine Egloffe, Vincent Gagliardi et Marie Prunier ont résidé récemment dans des contextes sociaux singuliers. L’évènement Et après ? témoignera de l’issue de ces trois bains humains.

du 13 janvier au 12 février 2012
Faux-mouvement – Centre d’art contemporain
4, rue du Change – 57000 Metz
Tél. : 03 87 37 38 29
du mercredi au samedi de 14h à 19h et le dimanche de 15h à 18h

Des moulages de moulages parsèment l’endroit. Etienne Bossut continue la fabrication de copies monochromes. De gros tuyaux, installés au plafond au milieu d’autres équipements, jouent un mimétisme littéral.

jusqu’au 23 décembre 2011
Faux-mouvement – Centre d’art contemporain
4, rue du Change – 57000 Metz
Tél. : 03 87 37 38 29
du mercredi au samedi de 14h à 19h et le dimanche de 15h à 18h

Et on rentre toujours là par la fenêtre via un escabeau posé dans la rue durant les horaires d’ouverture.

Galerie Octave Cowbell
5, rue des Parmentiers – 57000 Metz
Tél. : 03 54 44 31 24

C’est également dans cette ville qu’œuvre Vivianne Zenner à l’initiative d’ENd, plateforme éditoriale qui compte déjà parmi ses ouvrages, des numéros consacrés à Hugo Pernet ou John Cornu.

Aucune peur à assumer la précédente affectation des lieux. C’est donc un salon de toilettage canin qui a été transformé en espace d’exposition, annonçant pour la nouvelle année une programmation respectable campée successivement pour un mois, par Joachim Biehler à la mi-janvier, Mélanie Lecointe en mars, puis Samir Mougas en mai et Martin Roulet en juillet.

Galerie Toutouchic
23, ter Rue de La Haye – 57000 Metz
Tél. : 06 82 47 82 87 ou 06 78 47 03 57
du mercredi au samedi de 14h à 18h

L’école d’art de la métropole forme avec Epinal depuis 2000 un EPCC (Etablissement public de coopération culturelle). Sans réputation particulière, c’est pourtant d’elle que sort Benoît Billotte, ainsi que Justin Morin, Corentin Grossmann et Samuel François qui savourent une visibilité active, régulièrement exposés par la galerie parisienne Jean Roch Dard, entre autres. Et dans la galerie de l’académie, c’est l’actuelle relève qui donne à voir sa sensibilité dans le cadre d’un évènement biennal intitulé « Blitz ». Julien Grossmann, Jérôme Knebusch, Nicolas Muller, Aurélie Pertusot et Jonathan Rescigno y présentent ce qu’ils ramènent d’un séjour berlinois.

jusqu’au au 20 janvier 2012
Galerie de l’esplanade
1, rue de la citadelle – 57000 Metz
Tél. : 03 87 39 61 30
du mardi au samedi de 14h à 18h

De l’autre côté du bastion reconvertit, se trouve l’Arsenal, célèbre pour héberger l’ONL, l’Orchestre national de Lorraine. Le complexe culturel dispose notamment d’une salle de spectacle extravagante dessinée par Ricardo Bofill en 1989. L’architecte trouva dans le néoclassicisme de la façade de ce bâtiment XIXe, le motif idéal à exploiter de nouveau dans son chef-d’œuvre postmoderne.

Dans les étages, Natacha Lesueur ménage un complément à sa présentation concomitante au MAMCO à Genève. L’alimentaire est partout, conjugué au corps des modèles, qui deviennent des gourmandises à déguster. Les tirages sont classieux et séduisent en pervertissant les codes publicitaires de produits luxueux.

jusqu’au 29 janvier 2012
l’Arsenal
3, avenue Ney – 57000 Metz
Tél. : 03 87 39 92 00
du mardi au dimanche de 14h à 19h

Sur le chemin du retour à la gare, on retrouve l’œuvre-phare de Xavier Veilhan conçue pour le parvis du Château de Versailles, acquise par le CNAP, Centre national des arts plastiques, et déposée là pour deux ans. Le carrosse et ses chevaux, dans leur violet homogène, semblent considérablement réduits sur cette immense Place de la République, royale elle-aussi.

Consulter l’article publié le 09.01.2012 sur Artnet.fr

Clermont-Ferrand, troisième ville de France

Peut-être ex-æquo avec Bordeaux selon les critères de classement d’attractivité en matière d’art contemporain, la métropole auvergnate propose un réseau insoupçonné de structures engagées dans la promotion de la création actuelle. La ville demeure isolée entre les cratères qui lui donnèrent sa pierre noire caractéristique, et c’est bien cette forme d’insularité encore privée de lignes à grande vitesse, qui obligea le développement d’une scène propre. Plutôt que de se lamenter dans leurs friches industrielles, des artistes, des associations, une école et un frac offrent avec la complicité de la municipalité une énergie franche qui se traduit par des belles programmations et une vigueur généralisée, tangible lors d’un séjour de quelques heures, du moins.

Esseulé dans le quartier historique de Montferrand, le Musée d’art Roger Quillot est peut-être le seul élément du paysage culturel à ne pas suivre cette excitation pour le XXIe siècle. Peut-être n’est-ce pas là sa mission, alors disons qu’il se concentre sur ses collections patrimoniales. Il présente cependant trois acquisitions récentes d’œuvres de Pierre Ardouvin, Jean-Louis Aroldo et Anthony Duranthon.

jusqu’au 24 avril 2012
Musée d’art Roger Quillot
Place Louis-Deteix – 63100 Clermont-Ferrand
Tél. : 04 73 16 11 30
du mardi au vendredi de 10h à 18h et les samedi et dimanche de 10h à 12h et de 13h à 18h

Cela mis à part, il faut s’enthousiasmer de la vitalité que l’on retrouve ailleurs, à commencer par les Beaux-Arts de la ville. Ses nouveaux locaux profitent au confort des élèves. Et parmi les professeurs qui assurent l’enseignement, remarquons Linna Jabbour, Cédric Loire, Jürgen Nefzger, Stéphane Thidet ou encore Roland Cognet qui expose actuellement au Centre d’art du Creux de l’Enfer dans la ville de Thiers voisine. L’établissement dispose d’une galerie nommée Le Grand Atelier qui donne aujourd’hui à voir la production de Jessica Lopez et Nicolas Laffon, deux anciens étudiants.

jusqu’au 8 décembre 2011
ESACM – Ecole supérieure d’art de Clermont Métropole
25, rue Kessler – 63000 Clermont-Ferrand
Tél. : 04 73 17 36 10
du lundi au vendredi de 10h à 20h

L’école rayonne également grâce au rendez-vous annuel qu’est « Première ». En effet, à une centaine de kilomètres de là, le Centre d’art contemporain de l’Abbaye Saint André confère à chaque rentrée depuis dix-sept ans une visibilité à huit diplômés issus de formations partenaires. Aux côtés des clermontois Antoine Barbe, Thomas Merret et Audrey Galais, se trouvent Marine Cariou et Malika Ouedraogo de Bourges ainsi que Xiang Chen, Pauline Kalaschnikow et Baoliang Zhang de Limoges.

jusqu’au 22 janvier 2012
Abbaye Saint André – Centre d’art contemporain de Meymac
Place du Bûcher – 19250 Meymac
Tél. : 05 55 95 23 30
du mardi au dimanche de 14h à 18h

Marc Geneix et Sébastien Maloberti viennent également de ce cursus. Alliés depuis quelques mois à Annabel Rioux, ils dirigent In Extenso. La nouvelle coordinatrice intègre l’équipe après avoir travaillé dans d’importants lieux d’arts en France et à l’étranger. Outre ces expériences, son adorable expertise est un atout réel pour booster plus encore l’éclat de l’association. Hors-les-murs, deux projets ont récemment été vernis, chez Néon à Lyon et à l’Assaut de la menuiserie à Saint-Etienne. Leur engagement passe aussi par la publication en ligne et sur papier de « La Belle Revue », formidable plateforme se concentrant sur la zone Centre France. Et dans leur espace, seront présentés les travaux de Francis Raynaud et Yann Lacroix.

du 1er au 31 décembre 2011
In Extenso
12, rue de la Coifferie – 63000 Clermont-Ferrand
Tél. : 09 81 84 26 52
du mercredi au samedi de 14h à 18h

Yann Lacroix est justement l’hôte de « Artistes en résidence » qui met à sa disposition un atelier lui permettant de finir ses toiles pour l’imminente exposition. Martial Déflacieux a créé cette structure pour soutenir à plusieurs niveaux la création. Aurélien Mole, Colombe Marcasiano et Jesus Alberto Benitez sont les résidents de cette saison pour développer leurs projets jusqu’en mai 2012. Outre un espace de travail, les artistes jouissent d’un appartement en ville et d’un lieu d’expérimentation curatoriale appelé « La Permanence ».

En parallèle à ces activités, la Ville s’est doté de deux espaces radicalement opposés par leur contexte.

La Tôlerie est un hangar situé dans le champ industriel de Michelin. Depuis quelques années, l’endroit est vitalisé par les projets successifs de commissaires invités. C’est Karen Tanguy qui applique cette fois son autorité en développant « Expanding Color » dont le premier volet s’intitule « Les peintres / Les constructeurs » et réunit Jean-Marie Blanchet, Hervé Bréhier, Nicolas Durand et Olivier Soulerin.

jusqu’au 10 décembre 2011
Espace d’Art Contemporain – La Tôlerie
10, rue de Bien-Assis – 63000 Clermont-Ferrand
Tél. : 04 73 90 29 23
du mardi au samedi de 14 h à 18h

L’Hôtel Fontfreyde est quant à lui une délicieuse bâtisse Renaissance dédié aujourd’hui au médium photographique.

Hôtel Fontfreyde – Centre photographique
34, rue des Gras – 63000 Clermont-Ferrand
Tél.: 04 73 42 31 80
du mardi au samedi de 14h à 19h

Au pied de la sombre cathédrale, s’est installée Claire Gastaud. Seule marchande de ce niveau dans le périmètre en question, elle a su surprendre en incluant dans sa programmation les graphistes Antoine+Manuel durant l’été 2010. Des photographies et dessins de Georges Rousse occupe en ces jours la galerie, alors qu’une installation est visible en sous-sol.

jusqu’au 30 décembre 2011
Galerie Claire Gastaud
7, rue du Terrail – 63000 Clermont-Ferrand
Tél. : 04 73 92 07 97
du mardi au samedi de 14h à 19h

Et pile en face, le parcours se clôt par une institution. Elle détient dans sa collection des peintures remarquables, mais c’est à Dove Allouche qu’elle consacre une monographie. Entre ses photographies charbonneuses et ses dessins hyperréalistes, l’artiste nous perd dans les délices de la représentation, grise et virtuose.

jusqu’au 30 décembre 2011
Frac Auvergne – Fonds régional d’art contemporain
6, rue du Terrail – 63000 Clermont-Ferrand
Tél. : 04 73 90 50 00
du mardi au samedi de 14h à 18h et le dimanche de 15h à 18h

Consulter l’article publié le 30.11.2011 sur Artnet.fr

Serra et Brancusi en trois villes

L’actualité internationale souligne ces mois-ci l’excellence de deux démarches, et la richesse de leur confrontation. Le premier est né en 1939, le second est mort en 1957, mais les décennies qui séparent leurs réalisations n’empêchent en rien un dialogue fécond qui s’instaure entre deux idées de l’élégance sculpturale. L’Américain Richard Serra et l’Européen Constantin Brancusi, leur production mise en regard, provoquent une réflexion sur la délicatesse et son calme surgissement dans l’espace. Musées et fondations à Paris, Bâle et New York se complètent aujourd’hui dans la célébration de deux genres d’érection.

L’initiative est inédite. Sur des murs noirs, l’accrochage révèle aux spectateurs la pratique photographique et filmique de Constantin Brancusi. Plus que documentaire, cette puissance iconographique affirme un art du regardeur, entreprise d’une modernité folle. Les visées sont précises. En plus de nous livrer l’objet de la contemplation, l’artiste nous en indique dorénavant la manière. Et derrière l’image qui défile, il faut envisager des mètres de pellicule impressionnée par le motif d’une de ces fameuses colonnes, cortège de vignettes traçant une ligne continue sur la gélatine, pour formuler finalement, l’accomplissement du projet sculpté.

jusqu’au 12 septembre 2011
Galerie du Musée – niveau 4
Centre Pompidou
Place Georges Pompidou – 75004 Paris
Tél. : 01 44 78 12 33
du mercredi au lundi de 11h à 21h

Outre les chantiers de ses verticales en plein air, cette production est circonscrite à l’intérieur de l’atelier, camera s’il en est. On connaît l’importance accordée par le tailleur à son espace de création, qu’il lègue à l’état français avec son contenu complet en 1956. Aujourd’hui, il est fascinant d’observer cet environnement reconstitué au Nord de la Piazza, annexe souvent négligée par le visiteur, et conçue selon les volontés de l’artiste, par Renzo Piano, vingt ans après l’inauguration du bâtiment principal.

Atelier Brancusi
Place Georges Pompidou – 75004 Paris
Tél. : 01 44 78 12 33
du mercredi au lundi de 14h à 18h

C’est ce même architecte qui pensa l’écrin suisse de la collection d’Ernst Beyeler, incluant sans les avoir jusque-là rapprochées de façon aussi manifeste, des pièces de nos deux sculpteurs. L’enrichissante résolution d’une union radicale trouve ici un contexte pour exceller. Associer pour cet évènement l’austérité de Richard Serra à celle de Constantin Brancusi éveille une somme insoupçonnée de sentiments et d’interrogations. Leur proximité dans l’accrochage n’est pas systématique, et chacune des deux signatures trouve régulièrement une salle à occuper intégralement. D’abord, apparaissent des contradictions plastiques évidentes : l’oxydation contre le polissage, le métal contre la pierre, le monolithique contre l’assemblage. On sent bien qu’entre les œuvres de l’un et de l’autre ne s’opère pas un copinage bavard mais bien un rapport tendu, d’une précision exquise.

jusqu’au 21 août 2011
Fondation Beyeler
Baselstrasse 101 CH-4125 Riehen / Basel
Tél. : +41 (0)61 645 97 00
du jeudi au mardi de 10h à 18h et le mercredi de 10h à 20h

Et en trois points de la ville, sur le Theaterplatz, le Novartis Campus et dans le Wenken Park, on peut toujours se confronter au gigantisme de sculptures implantées dans l’espace public, et prolonger le souvenir des plaques flanquées dans la chape du Grand Palais lors de la deuxième édition de Monumenta en 2008.

De l’autre côté de l’Océan Atlantique, c’est en sa patrie que Richard Serra jouit d’une rétrospective de son œuvre dessiné. Rien ne raccroche ces pièces graphiques aux lignes fluettes souvent caractéristiques de ce médium. Le trait pénètre, franchement. Usant d’encres noires qui imbibent le papier en épaisseur, l’artiste travaille son support à la limite de la défiguration. La fibre végétale prend des allures métalliques. L’homme soumet là encore son matériau en affirmant une puissance toute virile, maîtrisant de larges feuilles dans des bains définitivement sombres. Il en résulte une suite homogène d’estampes lourdes et intenses.

jusqu’au 28 août 2011
Met (The Metropolitan Museum of Art)
1000 Fifth Avenue at 82nd Street New York – NY 10028-0198
Tél. : +1 (212) 535 7710
le dimanche et du mardi au jeudi de 9h30 à 17h30 et du vendredi au samedi de 9h30 à 21h

Le marchand Larry Gagosian accompagna l’institution par l’improvisation en quelques salles sur son site de Madison Avenue, d’un accrochage de formats modestes mais toujours vigoureux, voisinant avec de discrètes compositions de Cy Twombly, mort si récemment.

Gagosian Gallery Madison Avenue
980 Madison Avenue New York – NY 10075
Tél. : +1 (212) 744 2313
du lundi au vendredi de 10h à 18h

Et dans une mélancolie brumeuse, il ne reste qu’à remonter l’Hudson sous les nuages en suivant les rails jusqu’à Beacon où siège depuis 2003 une belle partie de la collection de Philippa de Menil & Heiner Friedrich. Parmi d’autres trésors de maîtres américains conservés dans des espaces d’une envergure rare, réside une immuable succession d’œuvres arborant cette manifeste couleur bordeaux, flamboyante lorsque le soleil le veut, semblant se bonifier avec le temps comme les meilleurs vins. Si Constantin Brancusi s’élève vers l’infini, Richard Serra installe une forme d’éternité.

Dia:Beacon
Riggio Galleries
3 Beekman Street Beacon – NY 12508
Tél. : +1 (845) 440 0100
du jeudi au lundi de 11h à 18h

Consulter l’article publié le 01.08.2011 sur Artnet.fr