Michael Eden

Alors que ses œuvres passent l’été dans les fastes d’un domaine Rothschild, Michael Eden est en ce moment-même à Boston pour poursuivre sa quête de technicité auprès des ingénieurs de l’Emmanuel College. Potier de formation, il travaille depuis plus d’une décennie à améliorer les finitions de l’impression 3D en matière de céramique. S’il est possible de réaliser des volumes de terre à partir de modélisations numériques, leur rendu ne permet pas aujourd’hui une résolution acceptable pour le cisellement extrême travaillé par l’artiste. Ses objets résultent pour l’instant d’un façonnage en nylon recouvert d’une fine couche monochrome d’une homogénéité de velours, et pastichent le prestigieux lexique des arts décoratifs. Une vraie correspondance relie alors le contenu et le contexte des écuries du Waddesdon Manor où la production de Michael Eden est associée à des trésors issus des collections du site. La demeure relève d’un style éclectique réinventant les gloires passées. L’influence affirmée en surface n’empêche pas les innovations structurelles, au contraire. Le manoir épata ainsi la Reine Victoria en son temps, par le confort moderne dont il était équipé, permettant à Sa Majesté d’examiner le premier lustre électrifié de son existence. Les silhouettes sophistiquées des vases de Michael Eden découlent d’une complexité permise seule par les logiciels les plus avancés. L’ensemble s’offre selon une mise en scène évoluant depuis le sommeil hivernal jusqu’à la révélation en pleines lumières.

Jusqu’au 21 octobre, Waddesdon Manor, Near Aylesbury, Buckinghamshire (Grande-Bretagne) Tél. : +44 01296 820414

Publié page 77 du numéro 222 Septembre Octobre 2018 de la Revue de la Céramique et du Verre

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