Quatrièmes villes de France : Metz

La bourgade jouit d’une belle proximité avec Luxembourg et ses institutions. Et dans une forêt humide de ses environs, cela ne se sait pas, Le Corbusier dressa l’une des cinq Cités Radieuses. Mais ce compte-rendu se focalisera sur un périmètre piéton au départ de la massive gare de la ville, bâtisse charnue de style néo-roman rhénan, inaugurée il y a un siècle par l’Empire allemand. Et voilà plus d’un an et demi que le Musée national d’Art moderne a implanté sa nouvelle annexe dans ce voisinage. L’architecture, malgré les déboires dont elle a pu faire l’objet, reste un signal spectaculaire que l’on identifie déjà à travers les vitres du train, le moyen rapide pour rejoindre le chef-lieu lorrain.

Leur « Nuage » s’affichait déjà sur la baie la plus exposée lors de l’accrochage inaugural de l’établissement. Les frères bretons occupent cette fois tout le troisième étage. Ronan & Erwan Bouroullec organisent quinze années de travail sur mille mètres carrés. Les noms génériques de leurs séries confirment une visée encyclopédique, renouvelant progressivement toute une cosmogonie de meubles. On retrouve sur ce plateau libre et aéré, leur palette précise et rabattue déclinée sur des objets au fort potentiel plastique, qui leur valut une place selon Eric Troncy aux côtés des nominés du Prix Ricard 2011.

jusqu’au 30 juillet 2012

Pratiquement invisible sur l’un des balcons intérieurs, une œuvre in-situ de Daniel Buren reflète la merveilleuse charpente tressée de Shigeru Ban.

jusqu’au 5 mars 2012

Deuxième exposition composée à partir de la collection du Musée, Erre prend le labyrinthe pour prétexte. Motif graphique ou métaphore de la pensée, cet hymne au dédale est sectionné en huit chapitres répartis selon une muséographie encore une fois inopportune, laissée inchangée depuis l’ouverture de cette Grande Nef. C’est avec Hélène Guenin que Guillaume Désanges signe le commissariat de cette aventure de l’enchevêtrement. On peine d’ailleurs à identifier le style de cet auteur, qui s’illustre ces jours-ci à l’École des Beaux-arts de Paris où il orchestre une formidable frise chronologique combinant avec ses nécessaires manques, les œuvres d’artistes diplômés de la formation au cours de la plus récente décennie. L’homme est également l’un des cinq membres du comité technique d’acquisition du Frac Lorraine. Il invite à ce titre la directrice du fonds régional à se positionner en écho à sa propre proposition au Centre Pompidou-Metz.

jusqu’au 5 mars 2012
Centre Pompidou-Metz
1, parvis des droits de l’homme – 57020 Metz
Tél. : 03 87 15 39 39
les lundi et mercredi de 11h à 18h, jeudi et vendredi de 11h à 20h, samedi de 10h à 20h et dimanche de 10h à 18h

Pour répondre à cela, Béatrice Josse retenait du sujet labyrinthique sa dimension méditative, déployée à l’occasion de la précédente exposition. On retrouve bien dans ce choix la tradition de la structure à privilégier l’expérience à la forme, engagement qui orienta en partie la collection vers les immatériaux. Mais c’est dans les méandres de la pensée écrite que l’actualité du Frac nous immergera à travers le projet d’Anja Isabel Schneider, lauréate de la cinquième édition du « Prix MARCO / FRAC Lorraine pour les Jeunes commissaires d’exposition ». Son initiative associera des œuvres d’Anna Barham, Nina Beier & Marie Lund, Alejandro Cesarco, Amélie Dubois, Dora Garcìa, Fabio Kacero, David Lamelas, Ján Mancuška, Helen Mirra, Claire Morel, Tania Mouraud, Ewa Partum et Charles Sandison.

du 27 janvier au 8 avril 2012
49 Nord 6 Est – Fonds régional d’art contemporain de Lorraine
1 bis, rue des Trinitaires – 57000 Metz
Tél. : 03 87 74 20 02
du mardi au vendredi de 14h à 19h et les samedi et dimanche de 11h à 19h

Catherine Egloffe, Vincent Gagliardi et Marie Prunier ont résidé récemment dans des contextes sociaux singuliers. L’évènement Et après ? témoignera de l’issue de ces trois bains humains.

du 13 janvier au 12 février 2012
Faux-mouvement – Centre d’art contemporain
4, rue du Change – 57000 Metz
Tél. : 03 87 37 38 29
du mercredi au samedi de 14h à 19h et le dimanche de 15h à 18h

Des moulages de moulages parsèment l’endroit. Etienne Bossut continue la fabrication de copies monochromes. De gros tuyaux, installés au plafond au milieu d’autres équipements, jouent un mimétisme littéral.

jusqu’au 23 décembre 2011
Faux-mouvement – Centre d’art contemporain
4, rue du Change – 57000 Metz
Tél. : 03 87 37 38 29
du mercredi au samedi de 14h à 19h et le dimanche de 15h à 18h

Et on rentre toujours là par la fenêtre via un escabeau posé dans la rue durant les horaires d’ouverture.

Galerie Octave Cowbell
5, rue des Parmentiers – 57000 Metz
Tél. : 03 54 44 31 24

C’est également dans cette ville qu’œuvre Vivianne Zenner à l’initiative d’ENd, plateforme éditoriale qui compte déjà parmi ses ouvrages, des numéros consacrés à Hugo Pernet ou John Cornu.

Aucune peur à assumer la précédente affectation des lieux. C’est donc un salon de toilettage canin qui a été transformé en espace d’exposition, annonçant pour la nouvelle année une programmation respectable campée successivement pour un mois, par Joachim Biehler à la mi-janvier, Mélanie Lecointe en mars, puis Samir Mougas en mai et Martin Roulet en juillet.

Galerie Toutouchic
23, ter Rue de La Haye – 57000 Metz
Tél. : 06 82 47 82 87 ou 06 78 47 03 57
du mercredi au samedi de 14h à 18h

L’école d’art de la métropole forme avec Epinal depuis 2000 un EPCC (Etablissement public de coopération culturelle). Sans réputation particulière, c’est pourtant d’elle que sort Benoît Billotte, ainsi que Justin Morin, Corentin Grossmann et Samuel François qui savourent une visibilité active, régulièrement exposés par la galerie parisienne Jean Roch Dard, entre autres. Et dans la galerie de l’académie, c’est l’actuelle relève qui donne à voir sa sensibilité dans le cadre d’un évènement biennal intitulé « Blitz ». Julien Grossmann, Jérôme Knebusch, Nicolas Muller, Aurélie Pertusot et Jonathan Rescigno y présentent ce qu’ils ramènent d’un séjour berlinois.

jusqu’au au 20 janvier 2012
Galerie de l’esplanade
1, rue de la citadelle – 57000 Metz
Tél. : 03 87 39 61 30
du mardi au samedi de 14h à 18h

De l’autre côté du bastion reconvertit, se trouve l’Arsenal, célèbre pour héberger l’ONL, l’Orchestre national de Lorraine. Le complexe culturel dispose notamment d’une salle de spectacle extravagante dessinée par Ricardo Bofill en 1989. L’architecte trouva dans le néoclassicisme de la façade de ce bâtiment XIXe, le motif idéal à exploiter de nouveau dans son chef-d’œuvre postmoderne.

Dans les étages, Natacha Lesueur ménage un complément à sa présentation concomitante au MAMCO à Genève. L’alimentaire est partout, conjugué au corps des modèles, qui deviennent des gourmandises à déguster. Les tirages sont classieux et séduisent en pervertissant les codes publicitaires de produits luxueux.

jusqu’au 29 janvier 2012
l’Arsenal
3, avenue Ney – 57000 Metz
Tél. : 03 87 39 92 00
du mardi au dimanche de 14h à 19h

Sur le chemin du retour à la gare, on retrouve l’œuvre-phare de Xavier Veilhan conçue pour le parvis du Château de Versailles, acquise par le CNAP, Centre national des arts plastiques, et déposée là pour deux ans. Le carrosse et ses chevaux, dans leur violet homogène, semblent considérablement réduits sur cette immense Place de la République, royale elle-aussi.

Consulter l’article publié le 09.01.2012 sur Artnet.fr

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